Jésus au jardin des Olives. Sur le plateau d'une montagne formée de quartiers de roches superposées par couches les unes sur les autres et semées d'une végétation maigre et languissante, Jésus, à genoux et en prière, attend avec résignation l'heure fixée de toute éternité pour la consommation de son sacrifice. Ses mains sont jointes et ses regards, élevés vers le ciel, s'arrêtent sur une troupe d'anges qui, légèrement portés sur des nuages, lui présentent les principaux instrumens de son supplice. Au premier plan de la composition, les trois apôtres, choisis du Sauveur pour être les témoins de son agonie, Pierre, Jacques et Jean, accablés de fatigue, viennent de céder au sommeil, et se sont couchés sur un chemin qui tourne le pied de la montagne pour gagner Jérusalem en côtoyant les sinuosités d'un large torrent. La ville est assise sur le flanc d'immenses rochers, dont les cimes, terminées en aiguilles, s'élèvent fort au-dessus de ses plus hauts monuments et la dominent entièrement. Conduits par Judas, qui les devance de quelques pas et de la main droite leur indique déjà la victime, une troupe de soldats, armés de lances et de bâtons, s'avancent vers le pied de la montagne, au-delà du torrent. Cette troupe est si nombreuse, qu'elle occupe tout le chemin jusqu'aux murs de Jérusalem, le long desquels elle se confond avec une grande multitude de peuple, qui paraît attendre l'issue de l'attentat du disciple perfide. A la pureté du dessin autant qu'à l'élégance des formes, on ne saurait d'abord méconnaître ici un peintre exercé à l'étude de l'antique. Mantegna, en effet, est le premier qui ait été puiser avec autant de profusion à cette grande école, pour nous en transmettre ensuite toutes les beautés. Aussi, tout nous frappe ici à la fois, et l'art qui a présidé à l'arrangement des draperies, et la majestueuse expression des têtes, dont chacune pourrait servir de modèle, et la noblesse des poses, et la dis